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La tour de Bellecombe

C’est une ruine, mais une ruine de grande allure. Plantée sur une roche erratique, la tour de Bellecombe domine de trente mètres la route de Findrol . De sa hauteur d’un immeuble de dix étages, face au pont moderne qui remplace l’antique gué par où l’on traversait l’Arve, et qu’elle gardait. Après tant d’essais infructueux, la voici enfin consolidée et préservée grâce à la Communauté de Communes Arve et Salève qu’il faut ici remercier.

 

La Tour de BELLECOMBE - Château de BELLECOMBE

Pas de documents précis sur son origine. Sa base révèle une construction romane du XIIe ou du XIIIe siècle, plusieurs fois remaniée dans ses hauteurs au cours des siècles suivants. On sait que vers 1280 les sires de Faucigny, puissante famille dont le pouvoir s’étendit jusqu’à l’Isère, entreprirent de construire ou de réparer une ligne de châteaux au long de l’Arve dont elle possédait les deux rives. Ainsi s’élevèrent l’énorme place forte de Boringe toute proche et bien d’autres ouvrages militaires, jusqu’au donjon de Pollinge. Admettons donc les Faucigny comme les bâtisseurs de la tour, d’autant que les sires de Bellecombe eux-mêmes appartenaient à la branche cadette de cette illustre famille.A la fin du XIVe siècle, noble Guillaume de Bellecombe mourut sans postérité dans les guerres de Hongrie contre les Turcs. Dans son testament, il laissait la tour et ses dépendances aux enfants de l’un des plus riches seigneurs de la région, Rodolphe de Toyre, lui aussi de la branche cadette des Faucigny. Les Toyre conservèrent le domaine pendant quatre siècles, jusqu’aux débuts de la Révolution française.

Un péage sur l'Arve

Au 15ème siècle, la Tour de Bellecombe autorisait le passage sur l’Arve, c'était aussi un lieu de péage.
La tour ne comportait pas de porte, seule une échelle de corde à l'extérieur permettait d'accéder à l'intérieur. Du troisième étage de la tour, on pouvait voir Genève, permettant ainsi de prévoir les dangers d'une attaque.

L'invasion genevoise

En 1591 survint la catastrophe. Dans les guerres qui précédèrent l’Escalade de Genève, les genevois appuyés par les français assiégèrent, prirent et brûlèrent Pollinge, Boringe et bien sûr la tour de Bellecombe. La résistance était impossible: ces édifices du XIIIe siècle n’étaient pas conçus pour résister à l’artillerie. Boringe ne s’en releva pas, Bellecombe survécut de justesse.
En 1733, le noble Joseph de Toyre, seigneur de Bellecombe, habitait encore le château fort délabré attenant à la tour. Il fit alors établir un état de ses biens par le châtelain de Saint-Romain, qui promulgua et lut l’acte en public au cimetière afin de prendre à témoin l’âme des morts ainsi que cela se pratiquait en toutes circonstances solennelles. L'acte mentionnait: « Maison de Bellecombe, château en ruines, placéage, four, jardin, vergers et terres, avec contenance approximative de trois cents journaux », – le journal étant la surface de terrain qu’un homme pouvait labourer en un jour.

La tour après la Révolution

La Révolution acheva la dégradation de l’édifice, qui passa ensuite de main en main sans que nul ne puisse le restaurer. La tour découronnée appartenait à M. Jolivet, qui habite la maison voisine et a permis, en la cédant à la Communauté de Communes Arve et Salève la récente opération de sauvegarde.

Un peu d'imagination...

Peut-on imaginer Bellecombe au temps de sa puissance ? La tour carrée, six mètres sur six, montait à l’origine jusqu’à dix-huit ou dix-neuf mètres au-dessus du rocher. Tout était conçu pour la défense : impossible d’y pénétrer autrement que par une porte située à la hauteur de sept mètres soixante (1) – l’équivalent d’un troisième étage! – et qu’on n’atteignait qu’avec une échelle ou une corde. Encore fallait-il d’abord escalader la roche à découvert et en file indienne, vue l’étroitesse du passage.  La configuration des lieux rendait la petite forteresse imprenable. Une terrasse formait l'enceinte sur trois côtés. Sur le quatrième, le château, aujourd’hui effondré, s’appuyait sur la tour face au levant. Le logis ne faisait pas plus de cinquante mètres carrés : voilà les sires de Bellecombe ou de Toyre bien tassés avec leur garnison, dans une promiscuité médiévale. Tel est alors le prix de la sécurité. La tour comportait trois niveaux intérieurs, y compris les caves. Il lui manque désormais l’étage des créneaux. Malgré cette amputation, du sommet on peut toujours apercevoir Genève. Bref, c’est une remarquable construction militaire, le vestige d’une histoire de guerres et de fureurs dont nous avons perdu tant de traces. A Boringe, les ruines elles-mêmes tendent à s’effacer malgré les travaux fort intelligemment menés au XIXe siècle  par le docteur Bizot. L’immense château de Pollinge s’est entièrement effondré en 1977, ses colonnes, ses cheminées colossales, ses fresques Renaissance, ses pierres elles-mêmes ont disparues. La tour de Bellecombe est toujours là.
Texte de issu du bulletin municipal n°28: Michel-Antoine Burnier(1) - L’étude commandée avant les travaux par la Communauté de Communes Arve et Salève donne de précieux détails sur l’architecture du site.